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et bien-sûr les dégustations BachiC FilleS.
Et lauréate du Wine Blog Trophy 2013.
Enfin tout ça quoi !

mercredi 6 juin 2012

vdv #46 - Syrah enfin te voilà !

par Anne Graindorge


C'est avec 10 jours de retard que je participe, enfin et toute seule, à la belle réunion virtuelle des vendredis du vin #46 dont le thème était (est encore pour moi) "Syrah : La globbe-trotteuse enjôleuse".



Pour mieux comprendre ce moment d'indiscipline qui m'a habitée et qui n'est finalement rien d'autre qu'une petite entorse, je vous invite à lire mon premier billet.
Alors cette Princesse me syrah-t-elle ?
Chose promise chose due, une promesse étant toujours tenue, je réanime notre cher Doc Adn de sa fonction de Président le temps de cette lecture, remerciant Patrick Böttcher, le Président orgiaque des vdv#47 de son indulgence.

Je ne pense pas que ma dégustation intéressera Raymond Chabaud, un certain inconnu de notre web-groupe informel, à la plume acérée, qui s'est permis de fustiger Vincent Pousson après avoir fait une fixette sur son billet sans avoir auparavant pris la délicatesse d'en connaître les raisons, les objectifs et la destination.
C'est volontairement que je ne joins pas le lien du contenu de notre adepte du cépage le courbu (si mes souvenirs sont bons...). Pour les intéressés, veuillez vous tourner vers notre barcelonais de coeur qui prendra le temps de vous en dire un peu plus sur le texte de ce savant ignorant aigri.
Sachez que rien ne sert de médire Monsieur Chabaud, il faut comprendre à point.




Revenons-en à ma Syrah.
Pour avoir vécu quelques déconvenues avec ce cépage, je remercie mon audace et ma curiosité d'avoir pris le pas sur ma raison. Bref, je me remercie.
Alors, tu m'as cherché Doc ? Et bien voilà, tu me trouves. 
Maintenant. Et je suis bien là, sur le ring. Allez viens, je t'attends !!
Je te l'avais bien dit que "mon palais ligérien est léger, mais sa loyauté a son pesant de présence".
Comme convenu, je suis allée chercher ma bouteille à la cave Enfin de Vin chez Damien Lherbette, et grâce aux conseils de Patrick Maclart que je remercie chaleureusement (non non, Laurent Baraou, tu n'auras pas réussi à me faire courir derrière un sanglier !), je suis revenue de chez mon charcutier avec tout ce qu'il fallait pour espérer une belle rencontre avec la Princesse.

La préparation s'est faite dignement et longuement.
Pas moins de 10 jours étaient nécessaires pour m'exécuter et tenir ma promesse envers Doc Adn et moi-même. Pas moins de 10 jours pendant lesquels je me trouvais parfois en attente, faisant monter en moi la curiosité en puissance, avec des phases successives d'exaltations et d'oublis, de craintes et d'appétits.
Les deux dernières heures ont servi à finaliser mes préparatifs (ouverture de la bouteille, bonjour au charcutier, préparation de la table, remplissage du verre...). 
Pour une impatiente comme moi, c'était bien la première fois que j'organisais autant de respect avec autant de temps, dans l'objectif d'organiser une rencontre vinique. Chaque étape se faisait naturellement et avec bien-être. N'est-ce-pas si joli ?

Puis je me suis trouvée face à Dame Syrah, ne sachant de quelle manière je devais l'appréhender. Et là j'ai pensé à tous les billets écrits par les vendredistes participants du 26 mai dernier, et que j'ai évidemment lu. Bien que la majorité ait apprécié ce cépage, les avis étaient tout de même partagés.
C'est pourquoi avant de poursuivre je fais appel à Michel Smith et à Stéphane Couturier afin de leur laisser le choix d'entendre mes émotions, ils comprendront.

Doc acceptait un minimum de 50% de ce cépage en précisant "qu'elle peut être accompagnée de divers compagnons, mais doit détenir la majorité absolue (>50%)".
Arrivée à la maison, autant fière que craintive, je me suis rendue compte que la cuvée Georges Reynaud n'était pas un assemblage. C'est un 100% Syrah que le Damien m'avait donné là. J'ai posé la Princesse appellation Crozes Hermitage sur la table, un sourire en coin me disant en moi-même que je ne faisais décidément rien à moitié, mais finalement heureuse que cette rencontre se fasse entre deux caractères bien trempés.
Ainsi l'une et l'autre serions fixées.

Bon, tu montes sur le ring Doc ? Je t'attends !!
J'ai sorti mes gants de boxe, sait-on jamais, la force de la Syrah m'a déjà malheureusement culbuté le cerveau, le corps et le coeur. Pas question cette fois-ci de repartir désarmée et désarmante. Pas question non plus de me faire mettre ko par un Doc redevenu Président d'un jour, incapable d'entendre ce qu'il ne souhaite pas sur son cépage préféré. Mais avec tout le travail que j'avais fourni pour mes préparatifs, pas question encore de ne laisser aucune chance à Princesse Syrah.
Alors comme à mon habitude, je me mets en position-réflexe de désapprentissage.
Allez hop ! A poil devant Bacchus et Dyonisos, devant cette couleur aussi foncée qu'éclatante, devant ce produit vinique tout simplement.
Alors, me syrah t-elle ? Vais-je comprendre sa vie, son univers, son histoire ?
Nos forces seront-elles complémentaires ou opposées ?
M'emmènera t-elle dans des ailleurs perdus ? J'aime perdre ma boussole...

Au nez, pas de surprise. Toutes les Princesses me plaisent, ce n'est pas nouveau.
En revanche, c'est surtout au goût qu'elles me chiffonnent, qu'elles emprisonnent ma gorge dans une torture cinglante.
Mais le parfum que la cuvée Georges Reynaud 2008 m'offre m'est perçue comme un cadeau de la vie. Un espace de liberté s'ouvre à moi dans lequel les odeurs de terres chaudes du Sud me remontent aux narines.
Elle est là, d'un rouge éclatant et mûr, légèrement cuir et peu boisée. Elle est là, en face de moi, baignant dans son verre, juteuse et charismatique.
Ni pute ni soumise comme le prétendent pour la leur Antonin Iommi-Amunategui et Vincent Pousson.
Mais "peace and love" me souffle t-elle, "don't worry, be happy"...

En bouche, sa force charmante m'accompagne sereinement en Ardèche (la Drôme son pays natal n'est pas loin) où je me revois, 15 ans en arrière, marchant sur des sentiers de thym posé en abondance, malheureuse que je suis, car prenant soin d'une petite bouillée ridicule dans ma ligérie chinonaise.
Ce n'est pas à une Folcoche à qui j'ai à faire ici, mais à la terre-mère, à cette force attentive et protectrice, m'apportant ses rayons de soleil entre douceur et gaieté.
Alors je comprends et me laisse aller, rassurée d'être ici dans la noblesse du terroir alliée à la sensibilité du vigneron David Reynaud.
Puis viennent les cigales et les grillons, les oliviers plantés en arrière plan dans un paysage radieux.


David Reynaud
crédit photo, Domaine Les Bruyères

Je tourne mon regard vers un angle du ring, et, le ventre léger, j'aperçois mes gants de boxe qui fondent comme mon coeur au soleil de la Syrah.
La partie est finie. Le président du jour me tend la main et me relève de ma découverte, un oeil vigilant, mais heureux de savoir qu'il a réussi à rallier une personne de plus à sa cause.
Il savait. Il se doutait que ma curiosité peut me lancer des défis dans le monde des excursions viniques.
Il a eu raison de me menacer, j'ai eu raison de retenter.


P.S.1 : Pour ceux qui auraient envie de jouer avec la Syrah, un plateau de charcuterie bien goûtue fait un accompagnement merveilleux. Ne pas oublier de faire griller des tranches de bon pain pour voir se dessiner la cerise sur le sunday. Merci Patrick Maclart pour avoir contribuer à découvrir mon amour envers la Syrah.

P.S.2 : la cuvée Georges Reynaud a une histoire... Je vous laisse la découvrir ici (cliquer sur Georges Reynaud)



Domaine Les Bruyères (envie d'y aller...)
12 chemin du stade
26600 Beaumont-Monteux
04 75 84 74 14



Pour connaître le thème et participer au Vendredis du vin #47 présidé par notre bel(ge) orgiaque Patrick Böttcher, cliquer sur le lien ! 
































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