Le vin, les vins, ma cave à vins...

et bien-sûr les dégustations BachiC FilleS.
Et lauréate du Wine Blog Trophy 2013.
Enfin tout ça quoi !

vendredi 26 octobre 2012

Un moelleux en taille 50 et que ça saute !!


Les vendredis du vins ? Le cinquantième !
Illustration de Rémy Bousquet bien-sûr !


Ce mois-ci, nous avons affaire à un Président exigeant et qui a ses raisons de l'être : Laurent Baraou (qui par ailleurs vient de publier un livre avec Arnaud Septime "Le Guide de l'Alter-Vin", à trouver dans toutes les bonnes librairies et chez les autres vendeurs de bons livres) se trouvant heureux au milieu de ses 50 balais désire profiter de ce 50ième Vendredi du Vin pour faire d'une pierre trois coups en nous ordonnant de déguster des (ou du moins une) bouteilles de 50 cl.
Voir l'annonce ici.

Après m'être renseignée auprès de mes cavistes préférés, j'avais trouvé mon bonheur Au Feu à la Cave chez Laurent Cerqueu. Sauf que le temps a passé à la vitesse d'un éclair et que je ne l'ai pas trouvé pour faire 50 kilomètres histoire d'aller chercher ma 50 cl et de nouveau 50 pour la ramener...
J'ai donc appelé Damien Lherbette en urgence, le caviste d'Enfin du Vin à Candes-Saint-Martin, 3 jours avant ce vendredi 26 octobre 2012, afin qu'il me sauve la peau puisqu'il n'était pas question pour moi que je fasse un saute-vdv.
Après m'en être allée dans le département voisin (50-1 à 14 km), j'en suis revenue alléchée par je ne sais quelle idée saugrenue de me dire que j'avais bel et bien envie de dégoupiller ce que je venais de m'enquérir...

Entre nous ça fait tout drôle de tenir une 50 cl, l'impression de jouer à la dînette... ou de ne pas avoir de sérieux à partager alors qu'en fait, du sérieux, c'est à la fois l'axe et la densité qui gravite autour qu'il y a dedans !

Là je suis sur une appellation créée en 1950 (rien que pour faire plaisir à notre cher Président du mois), une AOC de dénomination communale "Coteaux-du-Layon Chaume" et qui aura subi plusieurs transformations de dénominations pour s'appeler aujourd'hui "Coteaux-du-Layon Premier Cru Chaume"...
Je suis donc restée en Loire pour mon plus grand bonheur avec ceci :



Un Chaume 2008 venant du Clos de l'Elu en Anjou.




Sa couleur avant tout.
Miel, caramel. Vu que c'est un moelleux, on est dans une couleur assortie.
Son nez, oh mon nez... 
De suite il a envie de l'envisager plus encore, de le rencontrer plus loin, plus proche, en moi, d'entrer dans son accessibilité et d'en faire un moment partagé accidentel et rare, parce-que déjà pleinement beau dans son agilité et sa vigueur.
Ici grand se dévoile le chenin. Il se découvre aussi bien dans l'air que l'eau que dans ses millions de poussières de terre et de pierres à ses pieds, et suscite le désir.
On le boit à petites gorgées pour ce qu'il est, pour ce qu'il laisse se savourer, comme un amant à aimer, c'est-à-dire occasionnellement et sans jamais se dire toujours.




C'est un concentré de soleil qui nous explose ses fruits de plein fouet en pleine face et par millions d'étoiles. Dame Nature s'est mise aux fourneaux pour nous concocter un confit d'oranges et de mangues. Thomas Carsin, son complice l'a laissée nous étonner.
C'est un concentré de pluie qui nous coule dans le gosier. Un orage d'été qui vient nous rafraîchir et on se laisse nous toucher, nous mouiller les cheveux, le corps et l'âme par cette acidité revendicatrice de ses propres valeurs, de sa propre fraîcheur. Une douche ruisselante sous les éclairs, et au-delà de nos peaux.
En fin d'aventure, c'est un concentré de sécheresse, d'orge mondé grillé (ça tombe bien), un petit côté suave qui nous emmène dans l'ailleurs, un automne dans le cocooning d'une maison au ras de mer, au bord d'un matin qui vient de s'ouvrir sur le petit-déjeuner rassurant d'un air de famille agrandie.
(Et dire que je ne suis pas attirée par les moelleux, j'ai trouvé un trésor...)


Ca me tranche le coeur en deux me laissant seule et en émoi, à vif et dans le bien-être, là... tout au fond de ma structure...
J'ajoute qu'il est excellent accompagnant un fromage de brebis nu, ou sur un pain de campagne. 
Du très haut Monsieur Carsin, tout en finesse sans jamais voir la vulgarité du sucre toucher notre palais.
De la finesse au Clos de l'Elu, où chaleur et fraîcheur dansent ensemble un ballet incomparable dans les chaumes, et où la grâce masculine, généreuse, répond à l'envolée de l'appel féminin. Yin et Yang. 



Reposée dans un canapé ? Tout va très bien !


Bon annif Laurent ! Et à bientôt j'espère...
(l'occasion pour signer du même coup ma dédicace ;-) 
 )






Et merci à toi l'caviste,
à tes bons conseils et à ta générosité !
(plus ligérien on ne sait pas faire)
Pourquoi ?
Venez le voir ici et vous comprendrez.









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