Le vin, les vins, ma cave à vins...

et bien-sûr les dégustations BachiC FilleS.
Et lauréate du Wine Blog Trophy 2013.
Enfin tout ça quoi !

vendredi 22 février 2013

vdv#53 : Orange ton froid et sors ton soleil !


par Anne Graindorge

Illustration de Rémy Bousquet


Le temps passe.
Dans une logique implacable il s'immisce de façon permanente dans nos vies.
Seulement voilà, parce-qu'on a encore un tas énorme de choses à dire à regarder à faire à comprendre à susciter à embrasser dans la même seconde, on aimerait bien qu'il passe moins vite. Parce-que la valeur-temps nous a paru à d'autres fois extrêmement longue, on aimerait bien qu'il nous déniche une bombe histoire d'accélérer le processus, surtout lorsqu'on se trouve en pleine heure d'affluence hivernale.

L'être humain ayant ce don à vouloir tout maîtriser, du coup on prend plaisir à jouer aux Vendredis du Vins #53 en suivant allègrement la caviste belge de notre groupe, Sandrine Goeyvaerts, plume de la Pinardothèque, qui a accepté de signer pour un mois la présidence de nos échanges viniques pourvu qu'elle puisse passer à l'orange façon techno-disco-hip...oups ! mécanik pour changer de saison plus rapidement.




Orange orange,
OrAnGe ? ORANGE !!
Honnis soit qui bien y pense...







Orange. Comme un fruit, un agrume plus précisément qui aurait envie de prendre ses quartiers d'été sous le sunday, parasol planté et orangeade posé, pressé de rafraîchir la midinette aux glasses effet miroir (que je ne suis pas) et à la peau d'orange au bronzage abricoté (...) ?

Orange comme dans un monde aux couleurs nuancées, ne sachant plus où me situer entre le réalgar (rouge orangé) et l'orpiment (jaune orangé) dans une de mes vies antérieures venue directement de l'antiquité ?

Orange comme le N°165 sur le nuancier pantone, ticket que j'ai tiré par mégarde dans un cauchemar insoutenable ou bâtonnet à lèvres sexy des années 70 ?

Orange. Comme une citrouille qui se transforme en carrosse vitaminique et dans lequel je file à la vitesse de la lumière, déguisée en rouquine coquine ? Aïe yayaïe !

Orange, comme une planète étrange sur laquelle j'observerais des tranches de vie confiturées dans la Cité des Princes entre vigilance et alerte, feu et détresse ?

Orange comme une mécanik diabolik née chez Stanley Kubrick un jour de mon année de naissance et que j'ai découvert heureusement bien plus tard à un âge raisonnable, ce qui m'a permis de garder juste un grain de folik sans pour autant être déglinguée à vik...?


...
...
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...

Orange... orange orange... Etrange orange, orange étrange...
Comme la robe que je portais ce jour-là, sur la terrasse, à l'ombre d'un tilleul un soir d'été, une pointe de citron s'amusant à frétiller sur le bout de ma langue lorsque je l'attendais.
Assise jambes croisées perchées sur des ballerines à talon, mes deux bras nus étaient posés sur la table, devant un verre qui me regardait sans que je m'en sois rendue compte.
Miles Davis et John Coltrane étaient revenus non loin de là pour accompagner la simplicité du moment (et mon décolleté) en jouant « All Blues » tiré de son album « Kind of Blue »...
Lèvres assorties, un arrière plan en noir et blanc... et c'est parti...
Après avoir senti un parfum discret, je me suis ensuite laissée inviter à voguer sur une fine tranche d'orange confite...
Et tangue la mangue et gicle l'abricot...
La chaleur du soleil nous lovait dans un cocon de velours pendant qu'une belle et longue fraîcheur nous tenait en alerte. Je me suis retrouvée dans sa vie face à son regard doux et charmeur, face à ce corps jeune et élancé. Je me suis sentie pétiller, valsant sur cet air le sourire au coeur et la tranche entre les dents. Sur les quais bien évidemment, les lampions éclairant la Loire de Bréhémont.

Mes yeux se troublèrent pour me réveiller tout à fait.
Face à mon verre vide et sans n'avoir jamais su qui j'avais eu à mes côtés, je me régale de vous dire que cette générosité digeste et franche se fait à Azay-le-Rideau par Pascal Pibaleau.

(Juste entre nous), vous en entendrez parler de cette appellation. Petite mais sacrément goutue et costaude !




(A ne pas servir trop frais pour rester dans la cohérence de la rencontre, le chenin sait se dévoiler ici subtil en apportant avec lui la profondeur du sol argilo-silicieux sur lequel il vit.
Les vendanges faites à la main, la fermentation alcoolique se fait sur 14 mois et l'élevage en fût sur lies fines.
Digestibilité due aux 66 gr de sucres résiduels uniquement pour un moelleux.)

Oh ! Orange, la couleur de l'épicurien... 







68 route de Langeais
37190 Azay-le-Rideau
02 47 45 27 58
La page facebook du domaine
Allez-y voir, allez-y j'vous dit allez-y.








2 commentaires:

  1. C'est beau (la plume) et ça a l'air très bon (le vin), je pense que la recette de demain devrait pas mal aller avec...

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    1. Merci Nathalie ! Je l'attends avec impatience... :-)

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