Le vin, les vins, ma cave à vins...

et bien-sûr les dégustations BachiC FilleS.
Et lauréate du Wine Blog Trophy 2013.
Enfin tout ça quoi !

samedi 30 mars 2013

In Vino Veritas

Franck Kukuc n'ayant pas de blog, je l'héberge ici afin qu'il puisse participer aux Vendredis du Vin #54. (Allez Franck, à toi la parole !)


«A la tronche, au chiffre» ai – je proposé à mon pote Damien, compagnon de dégust’ fan de Calcutt. Voici comment le jeu s’est mis en place. Un jeu lancé par Anne Graindorge présidente des VDV#54. Le cadre : un salon de vins bio en banlieue parisienne, un samedi 16 Mars 2013.

 On passe dire bonjour à Bruno et on goûte Mon blanc…enfin le sien. Un nez de pierre à fusil, de pierre de volcan italien et puis en bouche la fraicheur et l’anisé nous touche. Tout en dégustant, nous regardons les autres stands et d’un coup la gueule qui se détache de la foule. Le vigneron qui a une tronche (comme beaucoup d’entre nous aiment à prononcer ce mot argotique depuis quelques semaines). Il est là à quelques pas. Une bonnet de docker sombre sur la tête, des rouflaquettes (j’adore ce mot tellement « hype ») ou plutôt un trait de poils courts qui souligne le côté rebelle du vigneron et surtout ses joues.
C’est Chet, «Rue barbare» dans les vignes.





J’ai envie de lui parler à ce mec. C’est qui, il vient d’où ? on boit quoi ? A ce moment de la lecture, lectrices et lecteurs, je tiens à vous mettre à l’aise de suite : si vous voulez connaitre le nom des cuvées et des cépages dégustés à l’aveugle, le patronyme et le visage de leur vigneron, c’est perdu !
Je suis joueur et vous allez jouer aussi si vous le voulez bien. Il y aura des impressions, des œuvres cinématographiques qui pourront vous aider, peut-être des fragments d’étiquettes, etc… Ne râlez pas, vous avez déjà la date – elle est vrai. Avec internet, vous devriez trouver des indices.






Et maintenant revenons à notre gars. Je lui tend mon verre comme une main tendue vers lui. On fait donc connaissance. On goûte ses vins et ils me parlent de lui. Je couche des mots sur papier pour mieux me souvenir. Et je m’aperçois que je ne joue pas vraiment. J’annonce alors la couleur, je mets cartes sur table et je dis à mon interlocuteur rock’n roll que je participe aux VDV#54, je résume le thème. Et là, apparait une femme souriante, les yeux pétillant de vie qui te connait très bien chère Présidente. «Vous voulez jouer ? Eh bien goûtez ça !». Je sens et entre dans une maison pleine de rires, à l’heure où le soleil se couche, ses murs sont chauds du soleil de la journée (ce n’est pas un rosé mais d’avantage un rouzé). Il n'y a plus de rôle à jouer. Je deviens ordinaire pour laisser s'exprimer l'extraordinaire.
Ce qui est beau c'est que je ne tiens plus compte de ma raison. Je veux la visiter cette maison. Je pousse une porte en mettant le liquide en bouche, traverse des zones d'ombres puis de lumières. Il y a des mômes avec les poches emplies de bonbons fruités (70g de résiduel, 14 – 15° de potentiel pour finir à moins de 10°). Comme un souvenir de Collioure… Un parasol, mes amours, mes amis, une table et du foie gras poelé avec une compotée de betteraves.
Je cherche l'évidence, le terroir… «Chet» se marre, il sait que je vais me planter. Car sur les autres vins secs, j’ai voulu parler cailloux. Il sourit «C’est pas une entité de cailloux, c’est un merdier».
Je ferme les yeux et ce sont mes autres sens qui s'ouvrent et s'offrent au mystère du vin.
Secrètement je souhaite me tromper, être surpris, que mes acquis soient remis en question. Alors, je doute, je partage avec ce couple anjoué (bip, un indice): ma langue se délie et je fais connaissance avec eux réellement.




«Peindre,peindre, toujours peindre. Encore peindre le mieux possible, le vide et le plein, le léger et le dense, le vivant et le souffle.» a dit Zao Wou-Ki. Et c’est vrai que la dégustation à l’aveugle, les termes techniques c’est parfois selon moi du chinois de la peinture. Le vin c’est l’âme mais c’est aussi la peinture du vigneron, de son chez lui. Il y a des touches de paysages, de cailloux, de lumière, de vent, de chaleur printanière sur ces épaules, de froids d’hivers et d’automnes et de bienfaisantes ou satanées pluies.
Bla, bla, blaaah…

Je relance le dé et Damien me demande un chiffre. Ce sera 7. Nous comptons donc 7 stands dans le sens des aiguilles d’une montre.




Nous voilà devant lui. Si José, je dirai qu’il me fait penser à un faucheur d’Ogm. D’où est il ? Vous voyez la route de St Jacques de Compostelle, eh bien c’est dans la même direction. En partant du Nord (ça c’est pour vous aider). Je répète mon intention, je veux goûter à l’aveugle. Mais crénom didiou, je les ai vu ses bouteilles. Alors ? alors je veux vous raconter ma claque les yeux ouverts sur l’un de ses vins. Un nez de violette, cassis, c’est du r…e ? du r..é ? Eh non ! Un deuxième nez d’agrume, vif, très vif, tendu comme une bise d’hiver ensoleillé… C’est un s…….n ou un m……t ?
En bouche, j’ai envie d’huitres Eh non, c’est un chardonnay choyé par un élève de Rateau. Un sol qui accueillait 3000 ha de vignes au 19° siècle et qui aujourd’hui se limite à 35 ha que se partagent 12 vignerons dont certains en coopé’…

 Voilà, lectrices, lecteurs, comment j’ai joué. En espérant que vous avez pris plaisir à cette lecture chère Présidente ; M’Amuse comme j’aime à vous nommer parfois.

Franck Kukuc.

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